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Omar m'a tuer

Autre Affaire Omar Raddad (cas judiciaire, 1991) ; film Omar m'a tuer de Roschdy Zem (2010)

Inscription en lettres de sang laissĂ©e par Ghislaine Marchal sur la scĂšne de son meurtre le 24 juin 1991, dans sa villa de Mougins. Cette graphie fautive — 'tuer' au lieu de 'tuĂ©' — est devenue l'une des formules les plus cĂ©lĂšbres de la chronique judiciaire française.

Description détaillée

Illustration — Omar m'a tuer

Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvĂ©e morte dans la cave de sa villa de Mougins. Sur les lieux, deux inscriptions en lettres de sang : « OMAR M'A TUER » et « OMAR M'A T », apparemment tracĂ©es par la victime elle-mĂȘme avant de mourir. L'accord verbal bancal — 'tuer' Ă  l'infinitif lĂ  oĂč il aurait fallu le participe passĂ© 'tuĂ©' — va fasciner autant que la faute elle-mĂȘme : comment une femme agonisante a-t-elle pu laisser un message si prĂ©cis et pourtant si imparfait ?

Cette inscription conduit la justice Ă  inculper Omar Raddad, le jardinier marocain de la villa. CondamnĂ© en 1994 Ă  18 ans de rĂ©clusion criminelle, il passera plus de sept ans derriĂšre les barreaux avant d'ĂȘtre graciĂ© par le prĂ©sident Chirac. Il s'est toujours proclamĂ© innocent, et l'affaire reste l'un des feuilletons judiciaires les plus dĂ©battus des annĂ©es 1990, avec des tentatives de rĂ©habilitation encore en cours des dĂ©cennies plus tard.

La faute d'accord figĂ©e dans la formule — 'tuer' au lieu de 'tuĂ©' — est restĂ©e telle quelle dans la mĂ©moire collective. Elle a donnĂ© son titre au film de Roschdy Zem sorti en 2010, avec Sami Bouajila dans le rĂŽle d'Omar Raddad et Denis PodalydĂšs dans celui de l'avocat Pierre-Emmanuel Vaugrenard. Le film reprend l'orthographe fautive Ă  dessein : c'est elle qui porte toute la charge de l'affaire.

Aujourd'hui, quand quelqu'un sort « Omar m'a tuer », c'est souvent pour jouer sur la faute d'accord elle-mĂȘme — soit pour Ă©voquer l'affaire, soit comme exemple canonique de la faute d'accord Ă  l'infinitif qu'on ressort entre potes ou pour illustrer une coquille mĂ©morable. La graphie incorrecte est tellement ancrĂ©e qu'elle est devenue une rĂ©fĂ©rence Ă  part entiĂšre, au-delĂ  du cas judiciaire.

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