C'est l'histoire d'un mec
Incipit du premier sketch cĂ©lĂšbre de Coluche, prĂ©sentĂ© le 20 avril 1974 dans l'Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e Ă bĂątons rompus. C'est la phrase d'ouverture d'un monologue oĂč Coluche, vĂȘtu de son pantalon rose et de son gilet brodĂ© Ă son nom, incarne un narrateur qui tente â et rate â de raconter une blague.
Description détaillée
Le 20 avril 1974, un certain Coluche débarque dans l'émission à bùtons rompus avec son look déjà iconique : pantalon rose, gilet en laine avec son prénom brodé dessus. Et il ouvre avec ce « C'est l'histoire d'un mec⊠» qui va devenir l'une de ses signatures. C'est son premier grand sketch en solo, une création originale, et ça pose immédiatement le personnage.
Le gĂ©nie du truc, c'est que Coluche ne raconte pas vraiment une blague : il met en scĂšne un narrateur ordinaire, maladroit, qui se perd dans ses digressions, ses prĂ©jugĂ©s et ses contradictions â raciste, incompĂ©tent, et totalement inconscient de l'ĂȘtre. La blague, c'est lui. Selon l'analyse du sketch disponible en ligne, le ressort comique est prĂ©cisĂ©ment ce paradoxe : un personnage idiot qui croit raconter quelque chose de drĂŽle et ne se rend pas compte que c'est lui le sujet de la moquerie.
Parce que les Belges et les Suisses c'est les deux seules races qui se rendent pas compte qu'en fait c'est pareil, mais il se gourent⊠En fait, j'exagĂšre, c'est Ă cause de la distance qui les sĂ©pare, elle est pas Ă©normeâŠ
Ce sketch pose les fondations du style Coluche : le type du bas peuple qui parle comme tout le monde, sans filtre, et dont on rit autant qu'avec lui. La phrase d'ouverture est depuis passĂ©e dans le langage courant comme une façon de lancer une anecdote ou une blague, Ă la maniĂšre d'un setup classique â tout le monde reconnaĂźt immĂ©diatement la rĂ©fĂ©rence.